Développement durable

 

Qu’est-ce que le développement durable ?
du concept...

La Région laboratoire du développement durable s’inspire de la définition de la Commission Brundtland, qui a eu lieu à Stockholm en 1987 :

« Un développement soutenable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de satisfaire les leurs ». (Commission Brundtland, 1988)

Le développement durable ne se résume pas à la seule protection de l’environnement. Dans l’expression « développement durable », il y a d’abord le mot « développement ». Et le développement a pour but l’amélioration de la qualité de vie des humains. Ce n’est pas AVOIR plus, c’est ÊTRE mieux. Le mot « durable » englobe l’idée que personne ne doit prospérer aux dépens des autres et des ressources qui sont garantes de l’avenir. Autrement dit, le développement durable, c’est faire en sorte d’améliorer les conditions de vie des populations tout en préservant le milieu dans lequel on vit.

Prenons l’exemple d’une famille dont les membres habitent tous sous le même toit. Appelons-la la famille Tremblay.

Tous les membres sont en relation les uns avec les autres, ont des règles de fonctionnement et un mode de vie bien à eux. Ils forment une dynamique qu’on pourrait appeler l’aspect « SOCIAL » au sein de leur famille. Les parents éduquent les enfants, leur donnent de l’argent de poche. Ils prennent des décisions pour la famille auxquelles les enfants participent, comme faire de l’exercice, bien manger, s’asseoir pour discuter pendant l’heure des repas, etc. Ils règlent leurs conflits. Les enfants vont à l’école et vont parfois se faire soigner à l’hôpital aussi. L’aspect social d’un foyer, c’est plus que les quatre murs d’une maison : ce sont des individus en relation.

Les parents (et dans certains cas les enfants) génèrent des richesses, travaillent et gèrent le budget; c’est l’« ÉCONOMIE ». Ils achètent de la nourriture, paient le loyer, produisent une partie de leurs légumes grâce au potager, font un peu de menuiserie ou de couture, échangent parfois des services ou des biens avec leurs voisins. Le sens premier du mot « économie » veut justement dire l’art de bien administrer une maison, ce qui implique de prendre en compte différents types de richesses, d’activités et de travaux de nature différente.

Les Tremblay s’occupent de leur milieu de vie, de leur maison et de leur terrain; ils effectuent une « GESTION DES RESSOURCES ». Ils y font entrer une foule de denrées pour s’approvisionner, tondent le gazon, jettent des déchets mais font aussi de la récupération. Ils chauffent à l’électricité et au bois, et ils entretiennent le toit. Leur maison est bien isolée et les matériaux qui la composent servent à la protéger des rigueurs de l’hiver. On ne s’en rend pas toujours compte, mais si on n’effectuait pas cette gestion des ressources, à la limite, soit les individus mourraient de faim, de froid ou de suffocation, soit ils crouleraient sous les déchets !

Les Tremblay, grâce à leurs ressources et leur argent, ont construit une maison solide, saine et esthétique. Mais encore fallait-il bien l’aménager et la situer dans un lieu propice, un « TERRITOIRE ». La dimension des pièces et leur emplacement ont un impact majeur sur l’aspect fonctionnel de la maison. On ne fait pas la cuisine dans une chambre à coucher et on n’installe pas la toilette au milieu de la salle de séjour. De plus, l’orientation de la maison par rapport au soleil et des vents dominants, la présence ou non d’arbres autour de la résidence influenceront la dépense énergétique. La distance de la maison par rapport au lieu de travail et le fait d’être située à la campagne ou en pleine ville auront également des répercussions sur la vie de la famille, sur son budget et sur ses relations avec tout ce qui l’entoure. Une maison est donc aussi un espace qu’on occupe et qu’on habite; en d’autres termes, c’est un territoire.

Dans la maison, il y a une « CULTURE ». Souvent, les Tremblay écoutent de la musique ou jouent d’un instrument. Ils lisent des livres et regardent des films. Leur maison est aussi bien décorée. Bien plus encore, les membres de la famille s’identifient à une histoire, connaissent leurs ancêtres et leur provenance. Ils transmettent ainsi des manières de penser et des habitudes familiales qui leur sont propres. D’ailleurs, comme bien des gens de la région, ils aiment recevoir, assistent à des festivals pendant l’été et parlent normalement, sans accent, ce que contestent, curieusement, tous les gens de l’extérieur de la région, lesquels ont pourtant un fort accent ! C’est à travers leur culture que les Tremblay, en fait, existent, s’identifient et se développent. La culture est le ciment qui les lient entre eux d’une part, puis entre eux et les divers éléments de la société et de leur environnement d’autre part.

Maintenant que nous savons tout cela, qu’y a-t-il, au fond, de plus important dans la maison ? Les humains, la famille qui y vit : en fait, c’est le « DEVELOPPEMENT HUMAIN ». Il est primordial que chaque individu soit heureux, en bonne santé, qu’il se réalise pleinement et trouve un sens à sa vie.

Afin que cette famille puisse continuer de profiter de la vie et de travailler, il est nécessaire que l’environnement soit sain et permette la productivité. Il faut donc un « ENVIRONNEMENT » qui ne se dégrade pas. L’air doit être respirable et l’eau, potable. Les arbres de la forêt doivent croître et le sol doit être fertile. En résumé, le développement a pour but de voir au bien-être de chaque individu. Et si l’on veut qu’il se développe, il importe que certaines conditions soient réunies, à savoir la qualité de l’air, de l’eau et du sol, de même qu’une faune et une flore diversifiées.

Le développement durable, c’est cela : permettre aux humains d’interagir, de travailler, d’utiliser des ressources et d’habiter un espace, tout en respectant la nature et ce qu’elle nous apporte. Pour le développement, l’épanouissement et le bonheur de chacun…

... aux actions concrètes

Les applications du développement durable sont vastes et nombreuses. En voici quelques exemples somme toute assez réalistes.

L’entreprise TROCO inc. est une fonderie qui fabrique des pièces en acier pour la construction et la machinerie. Grâce à un conseiller en écoefficacité, elle a réduit la quantité de peinture utilisée pour ses pièces en modifiant ses techniques et en offrant une nouvelle formation à ses employés. Ceux-ci laissent quelques suggestions dans la boîte installée à cet effet. Monsieur Bouchard, le président et directeur général, jette un coup d’œil sur l’une d’entre elles, l’air songeur. Oui, pourquoi ne pas ouvrir une nouvelle annexe ou une nouvelle usine qui ferait des pièces en aluminium ? En attendant que ce projet aboutisse, il a décidé d’acheter de nouveaux contenants pour la cantine, fabriqués — devinez à base de quoi ? — à base de pelures de pommes de terre !

Le Centre de réseautage et d’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (CRISPPH) est un organisme à but non lucratif qui œuvre au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Dernièrement, les membres du conseil d’administration ont accepté une proposition d’une éducatrice spécialisée prénommée Jeanne. Celle-ci voulait acheter, grâce à une subvention de la municipalité, un terrain près du centre-ville afin de le transformer en jardin communautaire ; les personnes handicapées qui fréquentent le CRISPPH, notamment, pourraient cultiver quelques légumes. Jeanne fait appel à Marie, une spécialiste de l’agriculture biologique. Grâce à ce projet, les membres du CRISPPH effectuent de nouveaux apprentissages. Parfois, des gens les interrompent pour leur poser des questions. Ils peuvent ainsi apprendre et transmettre de nouvelles connaissances et nouer de nouvelles relations. Ils profitent du grand air tout en se sentant utiles. Jardiner est pour eux un moment où ils peuvent échanger avec les autres, prendre contact avec la nature et se valoriser. C’est aussi une belle occasion de vendre leurs produits.

Tout le monde peut faire une action dans une optique de développement durable. Par exemple, madame Girouard, 65 ans, prend sa marche tous les soirs parce qu’elle sait que la santé, jusqu’à 20 ans, est un cadeau et qu’après, elle se mérite et dépend de ses habitudes. Monsieur Sirois, quant à lui, remplace son système de chauffage d’appoint à l’huile par un poêle à bois. Madame Josselin, elle, se rend maintenant au travail en autobus. La municipalité de Petite-Montagne décide, pour sa part, de ne pas ouvrir de nouvelles rues, mais plutôt d’encourager la construction de maisons jumelées alimentées par une chaufferie centrale, afin de limiter l’étalement urbain, les coûts et économiser de l’énergie. Puis, il y a Stéphane, qui retourne à l’école pour terminer son secondaire. Cynthia réutilise ses sacs de plastique plutôt que de les jeter. Madame Gendron décide d’aller voter pour la première fois en 20 ans. Monsieur Roy fait du bénévolat et s’implique dans son syndicat... Ce ne sont que quelques exemples qui montrent bien que le développement durable dépend d’une foule d’initiatives dans tous les aspects de la vie quotidienne.